Montagne Zéro Déchet Sauvage : ces rencontres de sensibilisation qui font reculer la pollution sur les massifs

Mégots, emballages, débris laissés au fil des saisons : les déchets sauvages s’accumulent sur les massifs, parfois loin des regards. Depuis 2001, Mountain Riders mobilise les acteurs de la montagne pour les faire reculer, avec une ambition portée par son programme Montagne Zéro Déchet Sauvage : une montagne débarrassée de ces déchets d’ici 2030. En 2026 et depuis sa création, le fonds dédié Génération Montagne soutient cette démarche, en finançant précisément ce qui en constitue le point de départ, les rencontres territoriales et les formations qui en découlent.

Aller au-devant des territoires plutôt que les attendre

Le dispositif a beaucoup évolué en trois ans. Là où une seule rencontre nationale réunissait les acteurs il y a trois saisons, le programme en compte désormais quatre, signe d’un déploiement assumé sur l’ensemble du pays. La logique s’est inversée : plutôt que de demander aux acteurs de se déplacer, les équipes de Mountain Riders vont à leur rencontre, là où se vit et se fait la montagne.

Chaque journée suit le même rythme. La matinée fédère autour des enjeux et porte la dimension politique du projet. L’après-midi  permet de former et outiller, pour que les participants repartent capables de s’emparer concrètement du sujet, d’organiser un ramassage et de caractériser les déchets collectés.

« C’est plutôt nous qui allons vers les acteurs, et c’est nous qui allons chercher à mobiliser sur le terrain. »
Emilie Maisonnasse, Responsable Montagne Zéro Déchet – Mountain Riders

Quatre rencontres, du Jura aux Pyrénées

Depuis le départ, Mountain Riders s’impose une règle : toujours être accompagnée par un organisme local. Chaque rendez-vous régional se construit avec des structures déjà ancrées dans le massif, pour profiter de leurs réseaux et de leur expertise.

  • La rencontre nationale valorise la portée stratégique du programme, sur des sites clés des vallées comme Chambéry ou Grenoble.
  • Les rencontres pyrénéennes se déroulent avec l’Agence des Pyrénées, depuis l’an dernier.
  • Les rencontres des Alpes du Sud réunissent l’Agence de développement économique et touristique des Hautes-Alpes et la Région Sud.
  • Les rencontres des montagnes du Jura, nouveauté 2026 organisée le 11 juin, ont rassemblé le commissariat de massif, les Régions Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes, les comités régionaux du tourisme, les deux CPIE et les deux parcs naturels régionaux du massif.

Dans le Jura, des destinations comme Les Rousses, Métabief ou les Monts Jura sont déjà engagées dans le ramassage. L’enjeu consiste à embarquer plus largement les espaces nordiques et estivaux, pour installer un engagement concerté à l’échelle du massif.

Des résultats mesurés, année après année

La dynamique se mesure, et elle se mesure noir sur blanc. La participation aux rencontres est passée de 180 personnes sur trois rendez-vous en 2025 à 200 dès cette saison, tandis que la fréquentation des formations a progressé de plus de 50 % par rapport à il y a trois ans. Entre 2025 et 2026, la mobilisation des acteurs a elle-même gagné plus de 20 %.

L’effet le plus parlant porte sur la pollution. Entre l’année de démarrage 2023 et 2025, la campagne de ramassage a démontré une baisse des déchets sauvages de 5,6 %. En neutralisant les déchets encombrants liés aux gros chantiers et aux aménagements, cette baisse atteindrait l’ordre de 50 %, preuve que la mobilisation produit déjà des effets nets sur la réduction à la source.

La campagne 2026 confirme la trajectoire, même si elle reste en cours. Retardée par un enneigement abondant, elle a démarré dès la fonte et totalise déjà 18 ramassages, plus de 1 000 personnes mobilisées et 3 tonnes de déchets collectés, avec une soixantaine d’opérations encore programmées. Le diagnostic définitif tombera en octobre, une fois closes les campagnes de caractérisation menées tout au long du printemps et de l’été. Signe de la maturité du dispositif, les trois quarts des ramassages recensés se déroulent désormais sans Mountain Riders, portés directement par les acteurs de la montagne.

« Nous avons besoin chaque année de ne pas nous reposer sur nos lauriers, et de toujours aller chercher de nouveaux acteurs, de nouveaux territoires à engager. »
Emilie Maisonnasse, Responsable Montagne Zéro Déchet – Mountain Riders

Un engagement qui dépasse les frontières de la montagne

Ce soutien prend tout son sens parce qu’il est porté par Domaines Skiables de France (DSF), à l’initiative du fonds dédié Génération Montagne. DSF figure parmi les premiers signataires de la Charte nationale Montagne Zéro Déchet Sauvage, paraphée en mars 2023, et cet engagement se vérifie autant à l’échelle du syndicat qu’à celle des domaines skiables sur le terrain.

Cet ancrage donne du poids au programme et conforte sa crédibilité auprès de nouveaux partenaires de premier plan. En avril 2026, lors des rencontres nationales, le COJOP a signé la Charte 2030 et travaille désormais à un plan d’action concret, notamment sur la sensibilisation et la réduction à la source côté restauration. Les échanges sont également engagés avec la SOLIDEO, chargée de l’aménagement des infrastructures olympiques, pour réduire les déchets sur les chantiers et sensibiliser maîtres d’ouvrage et salariés.

« Nous avons la chance d’avoir, chez DSF, des interlocuteurs vraiment engagés, qui ont à cœur de s’investir, à l’échelle du syndicat comme sur le terrain. »
Emilie Maisonnasse, Responsable Montagne Zéro Déchet – Mountain Riders

Génération Montagne : soutenir ceux qui agissent dans la durée

En finançant les rencontres et les formations, le fonds agit à la racine. C’est de ces journées que naissent les engagements, les chartes et les campagnes de ramassage qui suivent. Le soutien dans le temps long change la donne, parce que la dynamique ne se décrète pas une fois pour toutes : elle se nourrit chaque saison de nouveaux acteurs et de nouveaux territoires.

En accompagnant Mountain Riders en 2026, Génération Montagne réaffirme une conviction. Les transformations durables naissent du croisement entre engagement de terrain, mesure rigoureuse et coopération entre acteurs. Soutenir ce programme, c’est investir dans une montagne vivante, habitée et partagée, où la préservation des milieux devient l’affaire de tous ceux qui la font.